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Faut-il abattre les arbres au bord de nos routes ?

En dehors des tempêtes, on n'a jamais vu d'arbres traverser les routes. Ils ne sont donc pas responsables des accidents qu'on leur impute parfois.
Pourtant de nombreuses sorties de route se terminent dramatiquement contre un arbre. Pour la France, en 1999, 849 personnes ont ainsi trouvé la mort. Les ¾ auraient été sauvées si l'obstacle avait été une glissière. La gravité des accidents contre arbres, (24,2 tués pour 100 véhicules impliqués) est quatre fois plus élevée que celle des accidents contre glissières (6,4 tués pour 100 véhicules impliqués) et 8,6 fois plus élevée que celle des accidents par collision.

 Dans le Loiret, du 1-1-92 au 30-9-97, on a constaté 284 accidents contre les arbres ayant entraîné 87 tués et 156 blessés graves. 69% des tués l'ont été sur routes départementales (3155 km), 24 % sur nationales (381 km dont 80 km bordés d'arbres en rase campagne) et 7% sur les autres voies.

Ce qui a déjà été fait.
Dans le Loiret, suite à de nombreux accidents survenus sur la RD 951 entre Tigy et Jargeau, le Conseil Général a fait procéder à l'abattage de 220 arbres situés dans les courbes.
En Eure-et-Loir, sur la RN 154 entre Orléans et Chartres, il est envisagé de faire abattre les arbres contre lesquels se sont tués de nombreux automobilistes. Sur la RD 928, entre Châteauneuf-en-Thymerais et Digny (8 km), les arbres ont été récemment supprimés. Ils sont judicieusement remplacés par des haies dont le « pouvoir de rétention » sera testé.
Alors, faut-il continuer à abattre tous les arbres ? ou faut-il condamner à une mort quasi certaine tous les imprudents qui ont perdu le contrôle de leur voiture parce qu'ils conduisaient soit trop vite soit dans un état second lié à l'alcool ou tout simplement à la fatigue. Faut-il aussi condamner les victimes innocentes de l'imprudence des autres ?
La réponse n'est pas simple. Elle entraîne souvent un débat polémique.


Quelles propositions ?
Pour les aménagements nouveaux, la solution est relativement facile. Si l'on veut des arbres : plantation à 4 mètres du bord de la chaussée et protection par des barrières de sécurité.
Pour les arbres existants :

  • cas des arbres situés entre 2 et 4 m de la chaussée : glissière de sécurité
  • cas des arbres situés à moins de 2 m : une glissière de sécurité serait inefficace pour jouer son rôle d'amortisseur. Deux solutions, ou abattre les arbres en les remplaçant par des haies d'arbustes, ou, si l'on veut vraiment protéger un bel alignement d'arbres, limiter énergiquement la vitesse à 70 km/h.
  • Tous ces aménagements auront naturellement un coût. Pour juger de leur intérêt, il n'est peut-être pas inutile de noter que le coût annuel des accidents contre des arbres est de l'ordre, pour la France de 6 milliards de francs, et pour le Loiret de 100 millions de francs. 

Répartition du % des tués dans les accidents mortels contre obstacles fixes et gravité des accidents en 1999
Obstacles Répartition des tués en % Gravité

  


 Obstacles  Répartition des tués en %  Gravité
(tués/100 véhicules)
 Arbres  28,3 %  24,1
 Fossés, parois  21,4 %  10,0
 Parapets, piles  15,2 %  13,2
 Glissières  11,9 %  6,4
 Poteaux  10,0 %  11,5
 Divers   13,1 %  4,0
 Total sur obstacles  100,0 % 37,3 %
 9,6
 Autres accidents  62,7 %  2,8
 Ensemble accidents  100,0 %  3,8